Responsable d'équipe :
Patrice Abry
WebMaster :
Pierre Borgnat
E. Falcon, B. Castaing, C. Laroche, M. Creyssels, A. Merlen
Collaboration : S. Dorbolo (Université de Liège)
Découvert en 1890 par Edouard Branly, l'effet cohéreur
ou effet Branly est la transition d'un régime isolant
électriquement à un état conducteur d'une poudre
métallique oxydée lorsqu'une onde électromagnétique
est émise dans son voisinage. Un tel recepteur d'ondes
fût à l'origine des premières transmissions radio
sans fils à la fin du 19ème siècle. Cependant,
l'origine physique de ce phénomène reste à l'heure
actuelle toujours partiellement incomprise. Un phénomène
similaire de transition de conduction est aussi observé en continu
(appelé effet Branly continu), c'est-à-dire lorsqu'une
tension électrique continue est directement appliquée
à l'échantillon et dépasse un certaine valeur.
Nous avons entrepris au laboratoire de Physique de l’Ecole
Normale Supérieure de Lyon diverses expériences (1D,
réseau bidimensionnel de billes, et poudre métallique)
permettant de comprendre l’origine de cette transition de conduction
électrique. Ces études ont été récompensées
par l'obtention du Prix Branly
2004. Toutes nos expériences sont jusqu’à présent
réalisées en continu, l’influence de la fréquence
de l’onde sera entreprise ultérieurement.
Au moyen d'une expérience modèle avec une chaîne de billes métalliques, nous démontrons, pour la première fois, que l’origine la transition de conduction électrique (effet Branly continu) résulte de l'échauffement local des microcontacts entre chaque bille jusqu'à l'apparition de microsoudures. L'augmentation de température atteint 1050°C pour une tension appliquée aussi faible que 0.4 V! Ainsi, la transition de conduction électrique est reliée aux propriétés locales au niveau du contact entre deux grains. Elle constitue un premier pas vers les milieux plus réalistes tels qu’un réseau 2D ordonné de billes (incluant le désordre des contacts), ou un échantillon de poudre métallique (incluant le désordre de position):
Appliquons une tension électrique
continue aux bornes d’une poudre métallique. Sous certaines
conditions, l’évolution temporelle du courant qui la traverse
est alors très bruitée. Nous montrons alors que ce bruit
électrique possède d’intéressantes propriétés
d’invariance d’échelle (sur 4 décades en temps) et d’intermittence
qui proviennent de dilatations thermiques créant ou détruisant
localement les contacts électriques. Ces dilatations peuvent
intervenir à toutes les échelles (taille du grain, taille
des lignes de courant, taille de l'échantillon) ; les petites
échelles dépendant des grandes échelles avec des
similarités et des différences avec la turbulence hydrodynamique.
Ces étonnants phénomènes d’auto-similarité,
sont reliés aux effets collectifs de la matière granulaire.